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La poésie et la peinture de Halima Lamine ne participent pas du même temps.
Un temps d’orage, zébré des fêlures qui ravinent l’existence; plaintes démultipliées, gémissements heurtés, secousses abrutissant le corps et la
pensée de tressaillements, d’éructations, de mots-chien de fusil qui percutent,
encombrent le réel et désagrégent la douleur lancinante des existences
refoulées, des mots rhumatismaux qui atrophient le mouvement…puis cette
peinture, ce mouvement avec son vent d’Est, burin du corps affalé, repu des
nostalgies fécondes, des jambes entrouvertes pour que vie se fasse, des jambes
repliées, brutalement compressées pour que le regard s’oblique et s’oblige à la vision.
Le vent d’Ouest leste le corps pour que pesanteur se fasse et quelégèreté de l’âme soit contrariée dans l’ultime effort de la lucidité-brulûre.
Ruptures d’équilibre, poésie en lenteur, sculptant des éclats de lumière dans
cette obscurité féconde de l’irraisonné. Dans cette seule esthétique
relationnelle, il y a utilité à la tristesse dans sa poésie et inutilité tyrannique de la joie dans sa peinture.
In Regards et Lumieres: Art Contemporain Algérien.
Catalogue de l'exposition collective organisé par l'association Yedd.
Berlin, Juillet 2007
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